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Une étude hydromorphologique pour mieux connaitre le fonctionnement de nos cours d’eau

Pour améliorer le fonctionnement des cours d’eau de la Seye, de la Baye et de la Bonnette et ainsi garantir un bon état écologique (Directive Cadre sur l’Eau) une étude hydromorphologique fut engagée en 2013. Elle est aujourd’hui terminée. Elle a permis de réunir un nombre important d’études (études piscicole, inventaire des zones humides…) et de faire un état des lieux de terrain.

Le constat pour ces trois cours d’eau est marqué par :

  • La présence d’une belle ripisylve (végétation des berges) sur la majorité de ces cours d’eau par la diversité des essences, une largeur suffisante et des classes d’âges équilibrées
  • La présence de populations, bien que faibles, d’espèces patrimoniale comme l’Ecrevisse à Pieds Blanc, la Truite Fario…
  • La mise en avant d’un potentiel écologique très fort mais altéré par plusieurs aspects
  • La présence de belles zones humides grâce à une agriculture d’élevage de bovins.

Cet état des lieux met aussi en avant plusieurs problèmes qui, cumulés, ont un impact fort sur le fonctionnement de ces cours d’eau et de leurs affluents.

  • Le peu de matériaux solides dans le lit des rivières (sable, graviers, cailloux…) démontré par un enfoncement du fond du lit sur les secteurs d’eau vive et par l’absence ou la rareté d’atterrissements (accumulations de matériaux solides)
  • La présence de nombreux seuils (chaussées des moulins) qui perturbent la descente des matériaux solides lors de crues et gênent les migrations des poissons. Ces impacts sont amplifiés, bien évidemment, avec le cumul des autres problèmes.
  • Le manque d’eau à l’étiage (période estivale) entraine un réchauffement de celle-ci, une perte de caches pour la faune (poissons, invertébrés…) et une diminution de l’autoépuration naturelle des cours d’eau (dilution et dégradation des matières organiques par exemple).
  • L’aménagement de nombreux secteurs de cours d’eau par du recalibrage, de la rectification, du déplacement, de l’endiguement ou encore du busage. L’impact global de ces aménagements est une perte forte d’habitats (homogénéisation), une augmentation de la force des crues entrainant un enfoncement du lit. Ces effets secondaires continuent encore aujourd’hui et augmentent la violence des crues et en aval, le risque inondation.
  • L’apport important de matière organique animale sur de nombreux petits ruisseaux. En effet, cumulé au manque d’eau et à l’effondrement des berges (colmatage des zones d’épuration des cours d’eau) la présence de matière organique de manière importante perturbe très fortement ces petits milieux fragiles. Il faut bien comprendre que c’est les zones fortement piétinées qui sont notées dans ce constat.
  • Un manque important de zones humides malgré la présence encore de belles zones humides. C’est une perte de stockage, d’épuration et de restitution naturelle de l’eau. L’impact est ensuite visible par des crues rapides et très courtes, par un manque d’eau à l’étiage (été) et une qualité d’eau moyenne à médiocre.

Par ce travail de terrain et de diagnostic, des orientations de gestion sont alors déclinées avec les partenaires techniques, financiers et réglementaires. Il est important de comprendre que c’est un cumul d’actions, minimes et lourdes, qui auront un effet notable sur les cours d’eau.

Ces orientations, d’intérêt général, sont :

  • Lutter contre les inondations:
    • dissiper l’énergie de l’eau,
    • freiner la propagation des crues.

Ce travail, pour être efficace doit prendre en compte aussi l’ensemble des petits affluents (chevelu)

  • Améliorer le fonctionnement des cours d’eau :
    • permettre le prélèvement latéral naturel de matériaux solides (zones de liberté), et apporter des matériaux solides sur les zones non mobiles,
    • travailler sur la ressource en eau et notamment les zones humides,
    • conserver une ripisylve fonctionnelle par une gestion équilibrée
    • travailler avec les propriétaires de moulins pour assurer une continuité aval des matériaux solides et une continuité amont de la faune piscicole
    • augmenter la capacité d’autoépuration des cours d’eau
  • accompagner les usages locaux pour la fonctionnalité des cours d’eau et des milieux associés :
    • travailler sur la gestion du bétail en bordure de cours d’eau et son abreuvement
    • travailler sur la gestion des zones humides avec les propriétaires pour du maintien et de la restauration de ces milieux importants (déprise agricole des fonds de vallées)
    • travailler sur la gestion quantitative de l’eau, surtout en été, avec les propriétaires de moulins, les irrigants et les Syndicats d’Adduction en Eau Potable.

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La rivière Aveyron

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